Viabilité hivernale : Des hommes et du matériel pour la sécurité de tous

L’activité touristique hivernale en Ariège est un atout privilégié pour l’économie du Département et pour l’emploi.
Mais l’hiver est également synonyme de circulation délicate, de verglas, de congères.

Le Conseil Départemental a en charge la viabilité du réseau routier départemental afin de maintenir l’ensemble de l’activité économique du département, en limitant l’impact des phénomènes météorologiques sur les conditions de circulation.
Cependant, il n’est pas toujours possible d’assurer le traitement immédiat de toutes les sections de routes, surtout lorsque l’hiver est rigoureux. Aussi, le Département doit se fixer des objectifs qui, en fonction de ses possibilités budgétaires, assure le meilleur service possible à l’ensemble des usagers de son réseau.
Pour autant, les phénomènes climatiques hivernaux (neige et verglas) sont susceptibles de perturber les conditions sur le réseau routier départemental.
Le Conseil Départemental a défini un plan d’intervention visant à en atténuer les effets pour un coût supportable pour le contribuable : le Dossier d’Organisation de la Viabilité Hivernale (DOVH). Ce document définit les objectifs de qualité, par type de réseau, en situation normale et en situation exceptionnelle.
En conditions exceptionnelles, la priorité est donnée au réseau structurant et au réseau de base.

Le réseau départemental en chiffres et catégories

2.666 km de réseau départemental
3 niveaux : plaine, piémont, montagne
500 km à plus de 800 mètres d’altitude
9 stations de ski
1790 m : altitude station de Beille, point culminant du réseau routier déneigé
Réseau structurant, de base, secondaire et routes fermées à la circulation

Suite à l’acte II de la décentralisation intervenu en matière routière en 2007, le Conseil Départemental a souhaité maintenir une organisation territoriale au plus près des citoyens et des usagers. Les centres d’intervention ont été conservés en nombre et en dimensionnement et constituent, en sus de leur encadrement, sa « force de frappe » en matière de viabilité hivernale.

I – Organisation

Le personnel

Près de 200 agents sur les 267 qui composent la Direction de la Voirie et des Transports (DVT) qui sont mobilisables en viabilité hivernale, effectif auquel il convient de rajouter le recours saisonnier à 13 agents issus de l’ONF.
Du 15 novembre à début avril, ces agents ont la mission de surveiller l’état des routes et d’intervenir en cas de besoin sur les circuits préétablis, exploiter les prévisions météorologiques, prévoir l’approvisionnement en fondants, entretenir le matériel spécifique.
En tenant compte des objectifs définis, la DVT répartit les moyens dont elle dispose sur l’ensemble du réseau.
Toutes les dispositions prises en matière de lutte contre le verglas ou la neige ne constituent pas, néanmoins, une garantie de circulation normale.
En particulier, les opérations de déneigement ont un résultat significatif que plusieurs heures après le début des chutes de neige.

Le matériel

Il s’agit de 75 engins, 56 camions pousseurs ou 19 tracteurs dont 35 sont équipés de saleuses, de 3 fraises automotrices et 4 avant-trains de fraise.
Le Département consacre d’importants moyens au renouvellement des matériels spécifiques. Ces investissements s’élèvent à près de 1,4 millions € par an, investissement à mettre toutefois en rapport avec le coût d’un pousseur équipé d’une saleuse et d’une étrave qui mobilisent à eux seuls près de 200.000 €. (Pour info, au titre de 2014, le district des Pyrénées cathares a bénéficié d’un renouvellement de matériels à hauteur de 383.000 €).
Ces engins travaillent sur 70 circuits de déneigement et 26 circuits réguliers de salage.

 

II - Le fonctionnement

La mise en oeuvre de la viabilité hivernale s’appuie sur une organisation humaine où les contraintes de temps de travail doivent respecter les décrets en vigueur.
Les périodes d’intervention sont normalement comprises entre 5 heures et 20 heures. Le réseau n’est pas déneigé la nuit sauf intervention sanitaire.
Un dispositif d’astreinte est en place dans les quatre Districts et le Parc avec des responsables et des agents par secteur. Un dispositif de cadre de permanence est également là.
L’organisation s’appuie également sur des moyens externes au travers d’un partenariat par convention avec certaines communes, communautés de communes ou intervenants privés, prestataires pour le compte des Districts. Ces conventions sont à ce jour au nombre de 61.

La surveillance du réseau

Même si la surveillance du réseau est effectuée tout au long de l’année, des patrouilles spécifiques sont organisées en période hivernale notamment sur les secteurs identifiés à risque. Elles permettent de déclencher ou d’adapter les interventions.

La météorologie

Un marché spécifique de prévisions météorologiques adaptées aux routes est en cours avec Météo France. Ces prévisions fiables permettent aux Districts d’anticiper et actualiser les moyens d’intervention.

Le sel

Pour assurer la viabilité hivernale, 1000 à 3000 t de sel sont répandues sur les routes ariégeoises en fonction de la rigueur de l’hiver.

L’avantage de ces traitements est certain, sous certaines conditions, une température supérieure à – 7°C et un taux d’humidité suffisant.
En dehors de ces conditions, l’efficacité du traitement est très faible. C’est pourquoi, en période très froide, il n’y a pas de recherche de « mise au noir » systématique des chaussées.
Le Département continue à s’équiper de saleuses avec bouillie de sel. Il s’agit de traiter avec un mélange saumure et sel sec qui permet une mise en action du sel plus rapide, dans un meilleur respect de l’environnement.

Les travaux sur les bâtiments

Le Conseil Départemental intervient, par ailleurs, sur les bâtiments mis à disposition des districts et centres d’intervention que ce soit pour leur réhabilitation voire leur reconstruction ou compléter leur équipement. Sur ce dernier point, cela passe notamment, en matière de Viabilité Hivernale, par la construction de box à sel et de quais de chargements. Ainsi sur les 3 dernières années ce sont plus de 1.600.000 d’euros qui y ont été consacrés.

III - Le coût

Même si la neige n’est pas présente au cours de l’hiver, les précipitations pluvieuses intenses pendant cette même période occasionnent de lourds dégâts sur les chaussées et les ouvrages du réseau routier départemental.

L’impact de l’ensemble des dégâts d’intempéries rencontrés sur notre département s’élevait à fin octobre 2015 à plus de 1.600.000 €. Les dégâts récents sur la RD68 (route d’accès à Guzet) ne sont pas encore chiffrés à ce jour.

IV - Le 1er acteur de la viabilité hivernale : l’usager

Malgré tous les moyens mis en oeuvre, les efforts consentis pour améliorer la qualité de l’organisation de la viabilité hivernale, l’hiver menace toujours d’être plus fort que les hommes. La météo est changeante, les conditions de circulation évoluent vite : le dégagement permanent de la route est impossible à garantir, l’état des routes est fortement dépendant de l’intensité des phénomènes et les limites de l’organisation peuvent être rapidement atteintes.
L’usager se doit d’apprécier la nécessité de se déplacer en fonction :
· des prévisions météorologiques,
· de l’état de son véhicule et de ses équipements,
· de son aptitude à faire face aux difficultés prévisibles.
L’usager est un acteur à part entière qui, en respectant les informations diffusées, participe à l’efficacité des interventions.